MARIE MAERTENS
( journalist, art critic, independent curator )
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The Surface of the East Coast 
From Nice to New York

Openings Tuesday June 19 :

Emmanuel Barbault Gallery

Visible Reality : June 19 – July 31

Louis Cane / Gedi Sibony

Turn Gallery

Feel Materiality : June 19 – July 31

Justin Adian / André-Pierre Arnal/ Sarah Braman/ Claude Viallat

 

Brunch Saturday June 30 :

Josée Bienvenu Gallery

Radical Poetry : June 26- July 31

Mark Barrow & Sarah Parke / Marc Devade / Noël Dolla / Adam Henry /
Lucas Knipscher / Claude Viallat



Opening Tuesday July 3 :

OSMOS Address

Supports/Surfaces Then/Now : July 3 - September 4
Anna Betbeze / Patrick Saytour



Opening Thursday July 12 :

Ceysson & Bénétière

Différance : July 12 – September 30 (closed in August)

Joe Bradley / Pierre Buraglio/ Louis Cane/ Erik Lindman /
Sam Moyer / Jean-Pierre Pincemin



Performance Friday July 13, 7 PM

The Chimney

Sonic Painting, with Adam Henry

 

 

 

The Surface of the East Coast 
From Nice to New York

June 23th – October 15th 2017

LE 109 – 89 Route de Turin, 06 300 Nice

The surface of the East Coast – From Nice to New York aims to establish a dialogue between two different countries and generations, by showing how they can echo, feed on each other, and today tackle new formal issues and trains of thought.


On a proposal by Marie Maertens, independent curator

Edition of a bilingual catalog (French/English)

 

 

Supports/Surfaces: Painting as an act in itself

Supports/Surface is an artistic movement born at the end of the 1960’s. One of their starting point is a 1969 exhibition, Questioning Painting (La Peinture en question) in which some artists, including Claude Viallat, Louis Cane, Daniel Dezeuze, Noël Dolla, Marc Devade, Patrick Saytour and Bernard Pagès, almost every one of them coming from the South of France, proclaimed: “The object of painting is the painting itself, and the exhibited paintings only relate to themselves. They don’t appeal elsewhere”. In 1970, they officially present the Supports/Surfaces group at the ARC – Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris. In opposition with the creations of their time, the artists called upon the lack of lyricism and of the depth of expression. Willing to return to the work’s basics, they focus on the canvas and the frame, leaving them blank of any representation. Standing against the idea of the “bourgeois” painting hanged on the wall, in line with the post-May 1968 era, their works fit closely with the space itself, from floor to ceiling. The group interrogated the notions of deconstruction and reconstruction, going along with the queries about society. Even if the group was short-lived and the artists continued to explore their own path, their research and the emphasis on experience have made their mark, as much as on their time than of the painting characterization.

New York, XXth century: back to the basics

In New York, from 2010, artists evolving in a completely different artistic, geographic, politic and economic context, started, in turn, to dismantle the canvas to reconstruct it. At the beginning, they don’t necessarily know the Supports/Surfaces artists, who had not been exhibited a lot so far, but tend to pertain more to Franck Stella, Ad Reinhardt, Minimalism or the Bauhaus – if one should seek historical references. Yet, it’s fascinating to note the formal similarities between their works. Again, the same researches on the frame, dismantled or reconstructed, or more generally the medium, go with the ones about the place of the painting in the room. The material in itself, often “poor” or reused, is placed once again at the core of their work, sometimes tied with the concept of craftsmanship. The canvas can now become horizontal, or woven. The hierarchy of the medium is threatened, it is put on an equal footing as their researches that can even be integrated to their works in the architecture or the environment. Today, as some Supports/Surfaces exhibitions took place in the US, and especially in New York, a bound started to appear and a new discussion began between some of the artists.

 

The curator

Journalist, art critic, and curator Marie Maertens graduated in art history. She is the author of Collect Video and Digital Art (Collectionner l’art video et digital, Presses du Réel, 2015). She has been the curator of “WANI” (2011) at the Ricard Foundation, “Desdemone, between desire and despair” (“Desdémone, entre désir et désespoir”, 2015) at the Institut du Monde Arabe, « Spirit Your Mind » (2015) at Free Spirits, Miami, “The B-side of performance” (« La Face B de la Performance », 2015) at MAC/VAL and “The fourth sex”(« Le Quatrième sexe », January-February 2016), at the Cœur- Paris.

 

 

 

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Le quatrième sexe 
Indéfinition des genres, réaffirmation des plaisirs

 
Du 27 janvier au 25 février 2017

Le Cœur
83 rue de Turenne, 75003 Paris


En janvier 2017, Le Cœur invite Marie Maertens à assurer le commissariat de son exposition anniversaire. Après Only Lovers curatée par Timothée Chaillou en février 2016, le ton est donné avec Le Quatrième Sexe ! Pied de nez à la Saint- Valentin, l’exposition, rendez-vous annuel du Cœur, réunit un grand nombre d’artistes sur des propositions inédites à des prix variés et accessibles. Un parti pris en accord avec la mission que s’est fixé le Cœur de décloisonner l’espace d’exposition traditionnel, d’en déplacer les limites et de proposer aux artistes de nouveaux territoires d’expressions et de rester accessible à l’acquisition.


Indéfinition des genres, réaffirmation des plaisirs

En 1949, paraît Le Deuxième Sexe qui s’impose pour plusieurs générations comme l’essai existentialiste et féministe par excellence. Premier de cette ampleur en France, il permet à Simone de Beauvoir de décrire la condition de la femme, à la manière rigoureuse d’un sociologue. Séquencée en différents chapitres, la densité de ces deux tomes débute par Les Faits et les Mythes (avec des données biologiques, historiques et psychanalytiques) pour s’achever sur une réflexion consacrée à la Femme indépendante, après avoir évoqué la jeune fille, l’initiation sexuelle, la mère ou la prostituée… Ce texte révolutionnaire choque à l’époque et fait notamment clamer à François Mauriac, l’un des collaborateurs des Temps Modernes, la revue fondée par le couple Jean-Paul Sartre/Simone de Beauvoir, « Je sais tout sur le vagin de votre patronne »… C’est au moment où elle vit un amour passionnel avec le romancier Nelson Algren que la philosophe décide de rédiger cet ouvrage, notamment après s’en être entretenue dans la liberté « d’écarts » assumée avec son mari et que ce dernier lui réponde qu’elle n’a pas été élevée comme un petit garçon… Depuis plus de 60 ans, Le Deuxième Sexe anime les débats, notamment sur les questions d’identité sexuelle, que Simone de Beauvoir dénie, en affirmant un idéal égalitaire, qui est allé jusqu’à nier le corps féminin et la nature-même de son sujet d’étude pour le rendre semblable à celui de l’homme.

En 1961, naît le projet du Quatrième sexe, qui sera repris en main par le réalisateur et producteur José Bénazéraf. Ce film n’a pas marqué l’histoire du 7ème art, mais le résumé en est assez amusant. Comme on peut le lire dans le Dictionnaire des films français pornographiques et érotiques, de Christophe Bier, l’héritière d’un milliardaire américain, entretient à Paris une bande de jeunes filles équivoques… « La belle insolente, qu’on croit lesbienne, tombe éperdument amoureuse de Michel, un jeune peintre désargenté qui lui résiste. Malheureuse, elle abandonne ses mœurs rebelles pour conquérir Michel, tandis que Caroline, la sœur de celui-ci, arrivée de Province, aime Paul, un ami de son frère. » Tout un programme…

Mais si la découverte de ce film s’est faite après le choix du titre de l’exposition présentée au Cœur, il s’inscrit parfaitement dans ce flou des genres et des identifications. Car à l’inverse de se reconnaître dans des carcans déterminés et une sexualité trop cloisonnée, une nouvelle génération d’artistes s’ébroue totalement dans le manque de catégorisation. L’analogie pourrait même en avoir été donnée par Jeffrey Eugenides, dans son roman Middlesexparu en 2002 et qui parle de pseudohermaphrodisme, entraînant les organes génitaux d’un sexe à ressembler fortement à ceux de l’autre, ou comment être intersexué… « J’ai eu deux naissances (fait-il dire à son héros/héroïne en guise de préambule). D’abord comme petite fille, à Detroit, par une journée exceptionnellement claire du mois de janvier 1960, puis comme adolescent, au service des urgences d’un hôpital proche de Petoskey, Michigan, en août 1974. »

Plus d’un siècle après la naissance de Simone de Beauvoir, ceux qui ont bénéficié des révolutions sexuelles, féministes, identitaires ou de respect évident des droits des homosexuels, ne camouflent guère leur plaisir érotique ou égotique et se dévoilent dans la jouissance d’exécution de leur art : sculptures haptiques, peintures ou vidéos matiéristes, révélations plus directes du médium photographique ou du dessin, réappropriations des fétichismes… Au-delà des études sur les « Gender issues », développées depuis plusieurs années, ils réaffirment une liberté sexuelle qui frôlerait avec un esprit 70’s, sans renouer avec la tradition des luttes salutaires. Cette génération mixe autant les médiums qu’une attitude décomplexée face à la représentation de soi ou des autres et réinvente les codes du Romantisme. Ce nouveau sexe, le quatrième, apparaît comme étant plus hédoniste que théorique, inaugurant un nouveau postulat d’affranchissement.

Marie Maertens, Janvier 2017


Marie Maertens est journaliste, critique d’art et commissaire d’exposition indépendante. Elle est l’auteur de Collectionner l’art vidéo et digital, paru en 2015 au Presses du Réel. Dernièrement, elle a organisé les expositions, La phase B de la performance (MAC/VAL), Spirit your mind (durant Art Basel Miami 2015) et Desdémone, entre désir et désespoir (Institut du Monde Arabe). Elle prépare pour l’été 2017, The Surface of the East Coast, aux Abattoirs de Nice.

Avec la participation de 29 artistes :
Iván Argote, Michael Bailey-Gates, Pauline Bastard, Genesis Belanger, Julie Béna, Julien Carreyn, Bastien Cosson, Julie Curtiss, Cyril Debon, Charles Derenne, Elsa & Johanna (Elsa Parra et Johanna Benaïnous), Cédric Fargues, Julien Langendorff, Rafaela Lopez, Marianne Maric, Marie-Claire Messouma Manlanbien, Nelson Pernisco, Frank Perrin, Laure Prouvost, Janneke Raaphorst, Rose Salane, Loup Sarion, Lisa Signorini, Emily Mae Smith, Apolonia Sokol, Jean-Luc Verna, Sara de la Villejegu, We Are The Painters et Chloe Wise.